Si "la nuit, tous les chats sont gris", c'est également selon un gris à 18% de réflexion que nos chers appareils photos perçoivent la scène que nous leur demandons de reproduire. Certes, les mesures matricielles permettent, jusqu'à un certain point, de sauver la mise mais autant savoir comment agir afin que notre brave matou retrouve sa véritable couleur.

 

La lumière incidente.

La règle du "Sunny 16", bien que très empirique, a longtemps donné satisfaction tant que des instruments précis ne permettaient pas de mesurer l'intensité lumineuse éclairant, réellement, le sujet. Il est vrai qu'il s'agissait, le plus souvent, de pellicules argentiques négatives qui permettaient, lors du développement puis de l'agrandissement, de rattraper une certaine marge d'erreur alors que la diapositive, bien moins tolérante, imposait une plus grande précision.

Fort heureusement, cet appareil existe. Il s'agit de la cellule dite de "mesure incidente" de la lumière, aisément reconnaissable à la petite sphère blanche qui recouvre l'élément photosensible. En gros, deux fabricants tiennent le haut du pavé, il s'agit de Sekonic™ et de Gossen™ qui, tous deux, proposent de telles cellules à des prix s'échelonnant entre 200 et 700€, selon les possibilités supplémentaires, flashmètre et/ou spotmètre, offertes.

Sur le papier, c'est ce type de cellule qui autorise la meilleure et la plus précise mesure puisqu'elle ne prend en compte QUE l'intensité lumineuse éclairant le sujet et NON celle qu'il réfléchit en s'affranchissant, ainsi, d'un paramètre capital mais dont nous ne sommes pas maître, à savoir son pouvoir de réflexion qui, lui, est fonction de sa couleur. Or, sachez qu'à intensité lumineuse identique, le blanc de la neige va réfléchir beaucoup, environ 85% à 90%, de celle-ci tandis que le noir d'un tas de charbon, lui, avec ses pauvres petits 8%, très peu...

... de quoi, bien évidemment, induire en erreur l'immense majorité des cellules de nos boîtiers qui, elles, partent d'un axiome simple et sur lequel elles sont étalonnées : n'importe quelle scène réfléchirait 18% de la lumière qu'elle reçoit ! J'ai délibérément utilisé le terme d'axiome et non celui de théorème car l'exemple classique du chat noir sur un tas de charbon ou du lapin blanc sur la neige montre qu'il ne se vérifie pas.

L'utilisation en est, de prime abord, très simple. Choisir, sur la cellule, la sensibilité et le diaphragme auxquels on souhaite opérer, se placer au niveau du sujet, pointer la boule de la cellule en direction de la source de lumière principale, effectuer la mesure puis en reporter le résultat sur les réglages de votre boîtier, préalablement paramétré en mode "manuel", bien sûr.

Beaucoup d'avantages mais, tout de même, quelques inconvénients. En tout premier lieu, celui de devoir investir dans un accessoire de plus venant encombrer un sac photo déjà sans doute plein à ras bords, mais, aussi, de devoir renoncer à un "cadrer-viser-déclencher" instantané puisqu'il vous faudra, d'abord venir vous placer au niveau du sujet, y effectuer la mesure, vous replacer là où le sujet vous semble le mieux mis en valeur, reporter les réglages sur le boîtier sans vous tromper puis, enfin, effectuer la prise de vue... Ouffff...

En espérant, bien sûr, que le sujet ne soit ni dangereux ni hors de portée et qu'aucun nuage malicieux ne soit venu, entre temps, tout chambouler et, croyez-moi, cela arrive...

 

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